Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 16:09

Cher Fabien.

 

Tu m'as si souvent fais rire, rire aux éclats, de ces éclats de rires qui jaillissaient entre nous du fais de cette bonne et franche amitié que jamais rien n'altéra, aujourd'hui, détestable dimanche de janvier, seul chez moi, j'ai du chagrin et de la colère.

Je suis colère du chagrin que tu me fais ! C'est égoïste de ma part je le sais et alors! Tu te barre vers la lumière et ton vieux pote il reste dans ce merdier, de plus en plus seul, pas tout à fait heureusement mais quand même!

Alors comprends que je sois en colère et puis la colère, dans ces circonstances, je peux bien te l'avouer, c'est aussi un moyen de ne pas trop pleurer.

Même pas 61 ans ! La grande faucheuse, l'incompréhensible, elle aurait pu attendre quelques années encore que tu puisses enfin profiter de ta retraite surtout que tu as toujours travaillé depuis l'âge de 14 ans.

Et puis toutes ces misères ambulantes qui avaient la chance de croiser ton chemin, que vont-elles devenir ? Saint Fabien s'en est allé ! J'ironise un peu, un peu seulement car tu ne savais pas dire non à une âme en peine. Tu négligeais ta propre vie car tu étais plus sensible aux malheurs d'autrui qu'a tes propres misères ; en cela tu étais mon frère.

Je me souviens de nos longues discussions sur l'au-delà ; tu étais plutôt agnostique mais si tu avais franchi le pas nul doute que sous d'autres horizons tu aurais pu être, tantôt un moine soldat combattant l'injustice et, le plus souvent, un moine de l'ordre compatissant des petits frères des pauvres.

Tu as été un syndicaliste sincère, mon ami, et c'est une forme de sacerdoce qui dépasse et de loin toutes formes de bigoteries. Ne soit plus en colère, vas en paix.

 

Jean Pierre VIGIER.

Partager cet article

Repost 0